Chaque année, quand le mois de juillet pointe le bout de son nez, je ne boude pas mon plaisir. Je sais que la fête va commencer, le feuilleton me tenir en haleine pendant trois semaines et mon coeur vibrer pour les performances de ces garçons hors-normes, épais comme deux feuilles de papier mais aux muscles saillants et profilés. C'est mon autre passion, vous l'aurez compris et elle dure depuis aussi longtemps que mon amour de la fessée... Depuis que j'ai découvert sur les pentes surchauffées du Tourmalet ou de l'Aubisque ces athlètes racés sur leur machine à pédalier, ahanant et souffrant le martyre pour gravir des pourcentage que les véhicules à moteur ont bien du mal à vaincre.Le nom d'Amstrong m'a été révélé très tôt. Dès le 21 juillet 1969, au lendemain de la première victoire d'Eddy Merckx dans la grande boucle. En devenant le premier homme à marcher sur la lune, le prénommé Neil entrait dans la légende... "Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité" avait-il adressé depuis l'astre conquis son message au monde entier, suspendu aux images de la télévision. Il avait dû penser longtemps avant à cette phrase qu'il prononcerait en marchant sur la "Mer de la Tranquillité". Dans le monde de la musique, ce nom était aussi connu avec l'extraordinaire Louis, trompettiste de génie aux yeux écarquillés quand il poussait la note à ses extrêmités. Qui n'a pas écouté au moins une fois "When the Saints Go Marching In" ne peut comprendre dans quelles transes le merveilleux Louis Amstrong peut transporter les amoureux de cet instrument à vent.
Enfin Lance vint. De son amérique natale, il exporta sa soif de vaincre et son talent de champion. Méconnu au tout début malgrè un titre de champion du Monde très tôt conquis. Reconnu plus tard à sa juste valeur et ses sept victoires dans le Tour. L'homme est admirable, ayant su vaincre un cancer redoutable et des métastases pulmonaires et cérébrales. Le champion ne l'est pas moins, malgré les soupçons de dopage qui pèsent sur ses épaules. Mais rien ne me fera changer d'avis. Le cyclisme est une école de la souffrance, engendrant des efforts énormes que le commun des mortels ne supporterait pas. Il faut se rendre à l'évidence. L'organisme de ces athlètes ne pourrait pas encaisser autant de contraintes s'il n'était pas aidé chimiquement. Et j'en veux beaucoup aux instances sportives d'avoir pris le cyclisme en otage alors que d'autres disciplines sportives utilisent les mêmes moyens sans être autant contrôlées.
Les Forçats de la Route, comme les avait si bien nommés Antoine Blondin vont donc s'élancer cet après-midi pour un prologue tracé autour de Monaco. L'auteur du "Singe en Hiver" n'est hélas plus là pour nous régaler de ses rubriques parfois hilarantes dans notre quotidien favori. Il savait sublimer l'effort cycliste et lui donner une poésie qui nous manque aujourd'hui. Mais il reste dans ma mémoire sur le Tour de l'Enfance, me ramenant au temps béni des Gimondi, Coppi, Bartali choisis bien sûr pour leur terminaison italienne. La rime n'est peut-être pas aussi riche que je ne le voudrais, mais la passion demeure.
Alors, pour patienter, j'ai trouvé un petit extrait du premier film de Catherine Breillat réalisé en 1975, "Une vraie jeune fille". On peut y admirer le délicieux fessier de Charlotte Alexandra délicatement posé sur une selle. C'est vrai, je suis un amoureux de la nudité féminine et j'ai trouvé ce passage fort suggestif. Imaginez un seul instant que vous vous trouviez sur une route des Landes et que vous ayez brusquement cette vision extraordinaire d'une demoiselle en plein effort cycliste ... De quoi faire oublier Jeannie Longo et Maria Cannins, que j'avais envie d'appeler caning, lors de leur lutte pour la conquête du maillot jaune sur le Tour de France féminin qui, hélas n'existe plus.

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