Elle est là, debout et attend. Son aspect infantile m'émeut. Je lui ai recommandé de se vêtir comme une collégienne. Jupe noire plissée arrivant juste au dessus du genou, chemisier blanc et socquettes blanches, souliers vernis... Elle baisse la tête et je ne sais pas si sa gêne est réelle ou le fruit d'une machiavélique envie de m'émoustiller, plus que de coutume. Elle connaît ma colère, la redoute sans vraiment chercher à se justifier et éviter ainsi la punition. L'heure est venue de passer à l'acte, les préliminaires consistant à lui faire réciter un long poème de Baudelaire, sans bafouiller ni se tromper.
Elle s'est décidée à apprendre "Lesbos", sous mes plus ardentes recommandations. Elle n'a aucun droit à l'erreur et s'applique à déclamer son texte. "Mère des jeux latins et des voluptés grecques, Lesbos, où les baisers languissants et joyeux, chauds comme les soleils, frais comme les pastèques, Font l'ornement des nuits et des jours glorieux, Mère des jeux latins et des voluptés grecques".
Sur son front perle une goutte de sueur. Visiblement elle met de la bonne volonté à ne point se tromper. "Lesbos, où les baisers sont comme des cascades, qui se jettent .... qui se jettent". Elle se perd et s'embrouille. D'une voix intransigeante, je répète "qui se jettent ?" Son regard m'interroge, quémande la réponse pour mieux enchaîner. D'une petite voix tremblante, elle implore le pardon...
"Sans peur dans les gouffres sans fond" me surprend-je à crier. Elle n'aime pas quand je hausse la voix, redoutant ma colère verbale plus encore que la fessée. Elle a compris qu'elle n'échapperait pas à la sanction et imagine déjà les conséquences de ses oublis. Dans quelques minutes, elle se retrouvera couchée sur mes cuisses, la jupe retroussée et la petite culotte blanche baissée. Le crépitement des claques emplira la pièce silencieuse, seulement entrecoupé par les reproches adressés à celle qui larmoie devant moi. Elle se tortillera, refrénant à peine l'urgence d'aller fouiller entre ses jambes, à la recherche d'un plaisir accru...
Françoise, comment pourrais-je oublier ces instants d'une intensité émotionnelle jamais égalée ?